17/11/2010

Si nos arbres (remarquables) pouvaient parler...

Il vous est probablement arrivé, lors d’une promenade dans nos campagnes louveignétoises, d’avoir eu un jour l’attention attirée par un arbre particulièrement isolé, aux formes bizarres ou aux dimensions impressionnantes. Sans le savoir, vous êtes peut-être passé à côté de l’un des douze arbres remarquables recensés sur le territoire de Louveigné.

054.JPGCes arbres, définis par l’article 266 du CWATUP, sont remarquables notamment en raison de leur valeur esthétique ou paysagère. Ce sont les plus nombreux. Parmi les plus singuliers figure le charme commun de Banneux (photo), rue de Fraipont. Cet arbre au tronc noueux et aux branches tortueuses aurait très bien pu servir de décor pour un conte de fée.

091.JPGAu caractère esthétique d’un arbre s’ajoutent parfois des particularités historiques qui le rendent d’autant plus important à protéger. De tels arbres font non seulement partie de notre patrimoine naturel, mais ils sont aussi les témoins de notre Histoire ou les gardiens de notre mémoire. C’est le cas notamment des arbres commémoratifs ou arbres souvenirs, tel le hêtre pourpre planté devant l’église de Louveigné le 11 novembre 1930 à l’occasion du centenaire de l’indépendance de la Belgique (photo).

Tilleul.jpgParmi les arbres témoins, il y a le tilleul situé au centre du village de Louveigné, sur la place du… Tilleul, autrefois appelée « la Cour » (photo). C’est au pied de ce « Tilleul de la Haute Cour » que les magistrats locaux rendaient la justice, comme il était d’usage au Moyen-âge, dans certaines contrées de France et des pays germaniques. Cette Haute Cour est déjà signalée au XIème siècle. Quant au tilleul, Edgard Renard, dans sa « Toponymie de la commune de Louveigné » (1957), rapporte qu’en 1393, les archives de la Principauté de Stavelot font déjà mention d’un tilleul de justice à Louveigné. Mais même si le tilleul a la réputation de jouir d’une longévité remarquable, certains pouvant atteindre exceptionnellement 1000 ans, il est toutefois fort peu probable que le tilleul de 1393 soit le même que celui que nous connaissons aujourd’hui. Il est plus raisonnable de considérer, au vu de sa circonférence, qu’il s’agit de l’un de ses descendants ou même peut-être de son descendant direct.

095.JPGCertains affirment par ailleurs que le tilleul actuel (photo) fut planté par les soldats de Napoléon il y a environ deux siècles. Il s’agit d’une hypothèse plausible. On sait en effet que notre région fit un jour partie des territoires français à la suite, notamment, de la décisive bataille de Sprimont qui avait opposé, en 1794, les armées françaises aux troupes autrichiennes. Or, à cette époque, l’habitude avait été prise de planter des arbres de la liberté dans les communes de la République. Ainsi, environ 60.000 arbres avaient été plantés en vue de rappeler l’avènement des libertés nouvelles. Une grande partie était constituée de tilleuls qui furent ainsi érigés en arbres civiques, symboles de la liberté.

Le tilleul de la place du Tilleul est également repris dans l’inventaire des arbres à clous dressé en 2003 par Paul Sanglan, ce qui laisse à penser qu’on lui a prêté (et qu’on lui prête encore ?) le pouvoir de guérir certains maux.

Arbres 1.JPGD’autres tilleuls remarquables ont fait parler d’eux dans les environs de Louveigné et ont donné leur nom à des lieux-dits : « Aux Quatre Tilleuls » (âs cwate tiyous), au croisement de la N678 Louveigné – Sprimont et de la rue de Cornemont (il n’en reste plus que trois actuellement) et, un peu plus loin : « Aux Trois Tilleuls » (âs treûs tiyous), rue de la Légende, à l’entrée du zoning artisanal de Cornemont. On prétend que ces derniers ont été plantés en souvenir et en l’honneur de Napoléon (photo). On peut en douter à l’examen d’une carte dite de cabinet des Pays-Bas autrichiens levée à l’initiative du Comte de Ferraris. La carte de « Sougnée » (référencée 193 C15 2) indique en effet à cet endroit précis la présence d’un petit groupe d’arbres isolés de toute autre plantation. Or ces cartes ont été établies entre 1771 et 1778, soit environ vingt ans avant l’arrivée des troupes françaises sur notre territoire et avant le règne de Napoléon. Aujourd’hui, l’un des trois tilleuls a disparu, mais deux autres sont venus rejoindre les survivants pour former un quatuor d’arbres dominant de leur large ramure la campagne louveignétoise.

077.JPGCes deux ensembles de tilleuls abritaient chacun une croix de carrefour dont on a malheureusement perdu la trace. Généralement considéré comme arbre protecteur, le tilleul était souvent associé à une croix, un calvaire ou une chapelle. On citera pour exemple, parmi les arbres remarquables ou classés de Louveigné, le tilleul de la rue de la China qui marque l’emplacement d’une croix au lieu-dit « Sur Pierry » (so pièri), entre Louveigné et Blindef (photo). Ou les deux vieux tilleuls du Trôleu à Louveigné, probablement contemporains de la chapelle du même nom qui date de 1708.

Ainsi, à la fois arbre de justice, arbre de la liberté, arbre guérisseur, arbre souvenir, ou arbre protecteur, le tilleul a de tout temps fait l’objet d’une attention particulière. Les rôles importants qui lui ont été attribués au cours des siècles peuvent en partie s’expliquer par la taille impressionnante qu’il peut atteindre et la longévité exceptionnelle qui le caractérise.

Troleu.jpgCes deux dernières caractéristiques ont également contribué à faire du tilleul un arbre repère privilégié pouvant être aperçu de loin par les voyageurs ou les troupes armées en déplacement. Les tilleuls dont nous avons parlé plus haut auraient pu jouer ce rôle. C. Dodinval, dans un article publié dans « Les Annonces de l’Ourthe » du 8 décembre 1972, ose se risquer à évoquer un possible lien entre les différents tilleuls de Louveigné : celui de la place du Tilleul, les deux du Troleu (photo), les trois du lieu-dit « Aux Trois Tilleuls » et les quatre du lieu-dit « Aux Quatre Tilleuls » (il aurait même pu ajouter les cinq tilleuls de la ferme de la Haute Folie à Cornemont). 1, 2, 3, 4 : « un fait assez curieux » dit-il. Et d’ajouter : « Tous ces arbres sont échelonnés suivant une ligne à peu près droite ». Faut-il y voir une signification particulière ? Une direction à prendre ?

Toujours à propos des arbres repères, Alfred Harou, dans la « Revue des Traditions Populaires » (tome XIX, p.204 et tome XXI, p.177) rapporte la croyance selon laquelle « Napoléon, pour indiquer le passage à ses corps d’armée, faisait planter de distance en distance six arbres disposés d’une façon particulière ». On ne peut s’empêcher de penser aux six hêtres pourpres, également classés comme arbres remarquables, situés à proximité de l’avenue Paola, le long d’un chemin désaffecté, entre Louveigné et Banneux. Ces arbres d’un certain âge sont disposés en triangle…

Benjamin Stassen, dans « La mémoire des arbres » (tome 2, p.131) est cependant perplexe à ce sujet : « Des arbres auraient servi de repère aux armées de Napoléon. S’il est avéré que les arbres ont été utilisés à cet effet jusqu’à la seconde guerre mondiale – ce qui valut au célèbre Arbre de la Justice de Beaurieux d’être dynamité par l’armée française en 1940 – prétendre que certains feuillus altiers auraient été plantés à des fins stratégiques sur l’ordre des officiers impériaux ne manque pas de surprendre : sauf à prêter aux Français une planification à très long terme, comment, en effet, des arbres nouvellement plantés eussent-ils pu être de quelque utilité ? ». Si nos arbres pouvaient parler…

058.JPGD’autres arbres remarquables parsèment le territoire de Louveigné. On citera encore le chêne d’Amérique près de l’église de Banneux (photo), le noyer commun rue du Doyard, etc etc…

Ces arbres qui font partie de notre patrimoine naturel sont les témoins d’une époque, les gardiens de notre mémoire. Alors, continuons à les admirer comme tels et regardons autour de nous, lors de nos promenades, en vue d’enrichir la liste de ces arbres qui méritent une protection particulière.

(Remarque : les cartes postales anciennes ont été aimablement prêtées par Didier Grégoire).

18:50 Écrit par M.ETIENNE dans Histoire et patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/10/2009

Le mystère de Coirfalize

Une carte de la commune de Sprimont en main, j’examinais les possibilités de promenade dans les environs de Louveigné. Mon regard fut attiré par l’indication de ruines au lieu-dit Coirfalize, près de Stinval. Intrigué, je m’emparai d’une carte plCarte Coirfalizeus détaillée afin d’en apprendre d’avantage. Sans résultat. J’eus beau parcourir une à une les différentes cartes IGN en ma possession, je ne trouvai nulle part confirmation de la présence de ruines à cet endroit.

[Les ruines de Coirfalize sont mentionnées sur le plan des rues de Sprimont - Office du tourisme de Sprimont - Banneux N-D]

 

Coirfalize 1

[C’est précisément à cet endroit que sont situées les ruines de Coirfalize, aujourd’hui cachées par la végétation]

J’embarquai aussitôt les enfants pour une « chasse au trésor » improvisée et me rendis sur place. J’arrêtai la voiture le long de la rue de Liège, au pied de la rue du Voué. Le but de ma promenade se trouvait au sommet d’un rocher surplombant la rue de Liège et les quelques demeures proches de l’ancienne auberge du soleil. Aucun chemin ni sentier pour y accéder, mais une forte dénivellation, un terrain glissant et un tapis de ronces se dressaient comme autant d’obstacles devant l’objet de mes recherches.

Arrivés au sommet, nous distinguions entre les arbres et les buissons quelques débris de murs faits de pierres plates posées les unes sur les autres, ainsi que quelques pierres de taille couchées dans ce qui ressemblait à un fossé. L’ensemble couvrait une petite surface. Notre chasse au trésor tournait court. Quelque peu déçu de ma découverte, je rentrai chez moi et décidai de remonter le temps en plongeant dans mes archives…

L’examen d’anciennes cartes de Louveigné et ses environs ne fut guère plus instructif. Même sur la carte de Ferraris, établie avec le plus grand soin à une époque déjà lointaine (entre 1771 et 1778), rien n'indiquait clairement la présence d'un édifice au-dessus de Coirfalize.

 Analyse toponymique

Un coup d’œil toponymique allait peut-être m’éclairer. Coirfalize.  Dans sa « Toponymie de la commune de Louveigné » (1 957), E dgard Renard cite, pour Coirfalize, les termes wallons « cwèrfalîhe » ou  « cwèrfalîze » : « promontoire rocheux et boisé, extrémité occidentale des hés d’Lom’gné et di Stinvâ. On dit plus communément al rotche ou al gate d’ôr ». On trouve les premières traces du mot Coirfalize dès 1560 (corpsfallize, corpefallize, corfalize, coirfalixe,…). La falîze, dit-il,  est une roche située au coin, à l’angle. Rien sur une construction quelconque. Edgard Renard termine sa description en mentionnant la légende de la gate d’ôr. 

Coirfalize 2 [La falîze : roche située au coin, à l’angle] 

Coirfalize, terre de légendes

G. Konen relate la légende de la gate d’or de Coirfalize :  Berthe est une jeune fille noble de la famille de Berlo. Elle aime étaler ses richesses et parures. Un jour passe Warleran de Luxembourg, l’infidèle époux d’Ermesinde. Il embobine Berthe par de belles paroles et la promesse de riches parures puis s’en va après avoir abusé d’elle. En punition de son orgueil Berthe aurait été condamnée à venir errer à certaines époques, sous l’apparence d’une chèvre aux cornes d’or sur les débris de la tour, témoin de sa faute…

 Une autre version de l’histoire est reprise en termes succincts dans un ouvrage de J-M. Gilson, « Un Sprimont de légende » (1983), sous le titre : « La gate d’or de Coirfalize ». On y apprend que sur ce rocher aurait été située, selon la légende, l’une des nombreuses demeures des 4 fils Aymon et qu’y serait enfouie la « gate d’or ». Cette gate d’or pouvait rendre fabuleusement riche celui qui parviendrait à l’extraire de sa cachette, pour autant que le travail s’effectue dans le plus grand silence. Un jour, un groupe de paysans était sur le point de la mettre à jour quand l’un d’eux ne put s’empêcher de crier « Nos l’avans ! ». La chèvre redescendit aussitôt dans son trou et entraîna avec elle les paysans qui disparurent à jamais.

 La deuxième version de la légende de la gate d’or ou de la chèvre d’or n’est pas propre à Coirfalize. On la retrouve en de nombreux endroits de Wallonie et même plus loin, avec toutefois quelques variantes. À chaque fois, on associe la chèvre d’or à un trésor, le plus souvent enfoui dans la terre ou caché dans un puits, un souterrain, une grotte.

 Une explication est donnée à propos du mythe de la chèvre d’or. Ainsi, au moyen-âge, les seigneurs qui se sentaient menacés ou en partance pour les croisades avaient coutume de mettre leur or et pierres précieuses dans un sac en peau de chèvre qu’ils dissimulaient dans un puits, un souterrain de leur château ou toute autre cachette. Une chèvre d’or signifierait donc un trésor caché dans une peau de chèvre.

 Sans en tirer de conclusions sur la présence ou non d’un trésor à Coirfalize, pouvais-je au moins en déduire qu’un château avait autrefois existé à cet endroit ? Ce château pouvait-il avoir été, comme le disait la légende, l’une des nombreuses demeures des quatre fils Aymon ? Ces quatre chevaliers, bien connus dans nos contrées, ont sillonné les Ardennes au VIIIème siècle environ, fuyant la colère de Charlemagne dont un neveu fut mortellement blessé par l’un d’eux. Les quatre fils Aymon ont donné leur nom au château d’Amblève dont ils seraient originaires. Aujourd’hui encore, on peut admirer les ruines de ce château qui surplombe la vallée de l’Amblève, à proximité d’Aywaille. L’histoire des quatre fils Aymon fut bien souvent modifiée et déformée au cours des siècles et aujourd’hui, il est bien difficile de séparer la réalité de l’imaginaire et d’en tirer un quelconque enseignement.4-fils-aymon

[Les quatre fils Aymon, représentés ici sur leur célèbre cheval Bayard, ont-ils séjourné dans la tour de Coirfalize ?]

 A ce stade de mes recherches, je pouvais seulement dire que sur les rochers de Coirfalize avait été construit, il y a plusieurs siècles, un édifice de petite dimension à l’origine de quelques légendes médiévales. Ce n’était à vrai dire pas grand chose. J’étais sur le point d’abandonner mes recherches lorsque j’eus la chance de mettre la main sur quelques articles, de source parfois inconnue, mais dont l’analyse présentait un intérêt historique certain.

 Château-fort ou simple tour de garde ?

Certains auteurs prétendent qu’au sommet des rochers de Coirfalize se trouvait le château fortifié de Louveigné. D’autres, plus précis, affirment qu’il s’agissait de la place-forte, la prison[1] et la résidence seigneuriale de Louveigné. La plupart, dont le Dr Louis Thiry, en doutent et ce, en fonction de plusieurs éléments. Ainsi, l’examen des vestiges laisse à penser que l’édifice était de petite dimension, avec un seul fossé de défense. Il était bâti sur un sol schisteux qui ne permettait pas à ses occupants de constituer les réserves et le ravitaillement en eau potable nécessaires à une garnison permanente. C’est principalement pour ces raisons que l’on peut conclure qu’il ne s’agissait pas d’un château-fort ou d’une maison-forte comme celle, toute proche, de la tour Lempereur à Louveigné.

Cette conclusion est confirmée en 1986 lorsque le Dr Bruwier, Echevin de Sprimont, envoie une équipe d’ouvriers sous la responsabilité d’un archéologue pour remettre à jour les fondations. Le travail terminé, l’équipe remet son rapport à Mr Bruwier. Elle n’avait découvert aucun élément permettant d’affirmer qu’il s’agissait d’un château autrefois habité.

Coirfalize 3[Du haut des rochers, la vue est imprenable sur la campagne louveignétoise : Louveigné, Blindef, Sendrogne et même au-delà (comme le château d’eau sur les hauteurs de Cornemont et la centrale à béton de chez Eloy)]

Pour le reste, certaines descriptions des lieux débouchent sur plusieurs hypothèses qui n’ont jamais pu être vérifiées : présence d’une galerie de fuite ou d’une citerne, tour de guet surélevée pouvant servir aux signaux,… Toujours est-il que cet emplacement, à défaut d’être une fortification inexpugnable, était un poste d’observation idéal proche d’un lieu de passage stratégique. L’actuelle rue de Liège était en effet l’une des principales voies carrossables entre Liège et Stavelot ainsi qu’entre la vallée de la Vesdre et celles de l’Ourthe et de l’Amblève. De plus, l’édifice était positionné à l’entrée même du territoire de Louveigné, autrefois enclave de la principauté de Stavelot et étape importante à mi-chemin entre Liège et l’abbaye. Il n’est pas impossible que la position surélevée et dominante de la construction ait permis de communiquer par signaux avec le centre du village de Louveigné afin de prévenir toute incursion ennemie sur le territoire stavelotain.

Aujourd’hui, la nature a repris ses droits sur ce bout de terre. Au fil des ans, les vestiges de Coirfalize disparaissent et avec eux un petit peu de l’Histoire de notre région. Des incertitudes subsistent. De nombreuses questions restent sans réponse. Le mystère de la tour de Coirfalize et de la gate d’or reste entier…Coirfalize 4

[Les derniers vestiges de la tour de Coirfalize sont à présent recouverts par la végétation]

 

Michel ETIENNE
Avec la collaboration de Maurice SCHYNS et de Didier GREGOIRE



[1] Selon O. Gaspar et A. Lemaire, c’est là qu’auraient été enfermés en 1448, Jacques de Horne, Raes de Waroux, Nicolas de Cortemback et d’autres chefs liégeois, faits prisonniers à Haccourt après la bataille du Pont des Arches à Liège.

 

 

09:30 Écrit par M.ETIENNE dans Histoire et patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/09/2008

Banneux N-D 1933-2008 : 75 ans d'accueil, de prières et de recueillement

« Poussez vos mains dans l’eau » sont les premiers mots de la Sainte Vierge à la petite Mariette Beco. Nous sommes le 18 janvier 1933, près du village de Banneux. La modeste maison de la famille Beco se trouve à l’écart de toute habitation, sur la grand route menant à Pepinster, à l’orée de la forêt. Là-bas, entre le 15 janvier et le 2 mars 1933, la Vierge apparaît huit fois à cette petite fille de onze ans, aînée d’une famille de sept enfants.

La Dame, qui se présente comme étant La Vierge des Pauvres, désignera la source toute proche comme étant réservée « pour toutes les nations… pour soulager les malades » et souhaitera une petite chapelle. Le 2 mars, date de la dernière apparition, la Vierge confie un message à Mariette : « Je suis la Mère du Sauveur, Mère de Dieu. Priez beaucoup ». Puis elle lui impose les mains en lui disant : « Adieu ».

Quelques mois plus tard, le 15 août 1933, conformément au souhait de la Vierge, une petite chapelle est inaugurée en face de la maison Beco, en présence de 60.000 personnes. Le 22 août 1949, Mgr Kerkhofs, Evêque de Liège, reconnaît la réalité des Apparitions et du Message.

 

Banneux

[La Vierge souhaitait une petite chapelle. Elle fut construite juste en face de la maison Beco - 1933]

Depuis, des centaines de milliers de pélerins venus du monde entier viennent chaque année se recueillir sur le site.

2008, année jubilaire

L'année 2008 est une année spéciale à Banneux puisque l'on y fête le 75ème anniversaire des Apparitions. A cette occasion, des expositions, des conférences, des retraites ont été ou sont encore organisées. Il y a eu aussi, comme chaque année, la saison des pélerinages qui se terminera le 12 octobre.

Banneux - La Source

[coucher de soleil sur le site marial de Banneux. La source (sur la photo) a vu le passge de 500 à 700.000 personnes en 2007]

 

 

 

Pour les jeunes, plusieurs animations sont venues jalonner cette année jubilaire, par exemple la Marche des Jeunes. A noter, le 11 octobre, la journée interculturelle des 10-12 ans. Lors de cette journée, les enfants, accompagnés de leur catéchiste, iront à la rencontre de témoins venus du monde entier et découvriront par l’échange, en assistant à des séances de contes du monde et en participant à des ateliers pratiques, les richesses culturelles d’ici et d’ailleurs.

D’autres manifestations sont encore programmées. Pour de plus amples renseignements, vous pouvez prendre contact avec Christiane CROSSET à l’Office du Tourisme de Sprimont – Banneux N-D.

(Tél. 04/358.09.50 – e-mail : tourisme@banneux.be).

Michel ETIENNE
en collaboration avec Christiane CROSSET, de l'Office du Tourisme de Sprimont - Banneux N-D

21:06 Écrit par M.ETIENNE dans Histoire et patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les archives de l'état civil de Louveigné : le régime français

Les archives de l’état civil constituent pour l’historien une source importante d’informations l’éclairant sur une période de l’Histoire ainsi que le mode de vie de nos ancêtres. Une lecture attentive des actes de naissance, de mariage et de décès lui révèlera ainsi nombre de détails qui constituent autant d’illustrations d’une époque lointaine. L’examen des archives de l’état civil de Louveigné peut le conduire plus de 200 ans en arrière, aux alentours de 1800.

La machine à remonter le temps est actionnée…

 

Louveigné - archives état civil

 

 

Dix ans plus tôt, en 1789, a lieu la révolution française qui marque la fin de la Monarchie absolue et de l’Ancien Régime. Depuis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, de nombreux événements viennent émailler l’Histoire de France et bouleverser, jusque dans nos régions, l’organisation de la société.

 Ainsi, en 1791, une nouvelle Constitution consacre en France le principe de la souveraineté nationale et la séparation des pouvoirs. En 1792, c’est la chute de la Monarchie et la proclamation de la République. La France déclare la guerre à l’Autriche. En 1793, le Roi Louis XVI est exécuté, provoquant la formation d’une coalition européenne. Les armées britanniques, espagnoles, sardes et austro-prussiennes attaquent les territoires français et font reculer les armées révolutionnaires. Ces dernières sont dès lors réorganisées et tout le monde dans le pays est mobilisé pour l’effort de guerre. Les résultats se traduisent par des victoires militaires durant les années 1793 et 1794 (Wattignies, Tourcoing, Fleurus). La République se renforce. La France s’agrandit, entraînant la formation de nouveaux départements.

 Le département de l’Ourt(h)e

Chez nous, les Français viennent à bout des troupes autrichiennes lors de la bataille de Sprimont, le 18 septembre 1794 . La Principauté de Liège disparaît. Elle est incorporée à la République française et est répartie sur trois départements : l’Ourte, la Meuse-Inférieure et la Sambre-et-Meuse. Le département de l’Ourte (ou Ourthe), du nom de la rivière Ourthe qui le traverse, est créé le 1er octobre 1795.  

Pour rappel, les départements existent depuis janvier 1790. Le département est une circonscription administrative et une collectivité locale dirigée par un préfet. Le département est divisé en arrondissements, eux-mêmes subdivisés en cantons et en communes (cette organisation sera à l’origine de notre système d’arrondissements et de cantons judiciaires et administratifs). Au sein de chaque département se trouve un chef-lieu situé de façon telle que l’on puisse s’y rendre en moins d’une journée de cheval depuis n’importe quel point de son territoire. Chaque département est nommé selon des critères géographiques (comme par exemple le nom d’une rivière).

En ce qui concerne le département de l’Ourt(h)e, son chef-lieu est Liège. Son territoire correspond approximativement à celui de l’actuelle province de Liège avec, en plus, quelques portions de territoires situés en Allemagne. Il est divisé en trois arrondissements : Liège, Huy et Malmédy. Sceau Andoumont et Gomzé

 [Sceau de la commune d'Andoumont et Gomzé - Canton de Louveigné - Département de l'Ourthe]

L’arrondissement de Liège est divisé en 9 cantons parmi lesquels Louveigné, qui apparaît à la fois comme commune et chef-lieu de canton. Les autres cantons de l’arrondissement de Liège sont : Dalhem, Fléron, Glons, Herve, Hollogne, Liège, Seraing et Waremme. La commune de Sprimont fait partie du canton de Louveigné.

Comme on peut le constater, le Régime français dote notre région d’une organisation administrative rigoureuse qui laissera des traces jusqu’à nos jours. Il en découle, notamment, la tenue de registres de tous les actes de l’état civil qui était auparavant de la compétence des autorités religieuses. 

 Michel ETIENNE


(1) Jusqu'en 1806, les dates sont exprimées en référence au calendrier républicain (dans le texte, le 1er Vendémiaire an dix correspond au 23 septembre 1801). Le calendrier républicain, appelé aussi calendrier révolutionnaire, remplace le calendrier grégorien, jugé trop étroitement lié au christianisme et donc, en porte-à-faux par rapport au caractère laïc du nouvel Etat français issu de la Révolution.

20:48 Écrit par M.ETIENNE dans Histoire et patrimoine | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |