09/10/2010

Une journée portes ouvertes au centre pour demandeurs d'asile de Banneux

310.jpgSamedi 18 septembre 2010. C’est la journée portes ouvertes au centre pour demandeurs d’asile de Banneux (photo). Je décide de m’y rendre en famille. C’est l’occasion de rencontrer les gens qui y vivent ou y travaillent et avec qui j’entretiens de nombreux contacts dans le cadre de mes activités professionnelles.

A notre arrivée, nous apercevons quelques chapiteaux installés à l’arrière du bâtiment. Nous nous y rendons. Plusieurs chanteurs de rap se produisent sur une scène dressée pour l’occasion. Le public, venu en nombre, est enthousiaste. Quelques personnes dansent au son d’une musique entraînante. Un enfant regarde dans notre direction puis se précipite vers nous, le sourire aux lèvres et les bras grands ouverts. C’est une petite fille du centre qui a reconnu ma fille. Elles vont à l’école ensemble, à Louveigné. Je suis touché par ce geste d’amitié. Bras dessus, bras dessous, les voilà parties vers d’autres enfants du même âge.

324.jpgJe poursuis ma visite. Dans le jardin bien entretenu, un groupe de personnes jouent au volley. Sous un grand chapiteau, quelques visiteurs sirotent un jus de fruits préparé par des résidents. D’autres font la file pour déguster quelques spécialités culinaires. Sur le côté du bâtiment principal, des tonnelles abritent différents stands auprès desquels plusieurs animations sont organisées : grimages, atelier tresses, tatouages au henné (photo),… Un château gonflable accueille de jeunes enfants ravis.

 

 Nous revenons à l’avant du bâtiment. Une dame se tient devant l’entrée. Elle porte un badge sur lequel il est marqué « accueil ». Elle nous propose de visiter le centre, ce que nous acceptons avec plaisir. Nous montons les quelques marches qui nous séparent du hall d’entrée…

Le bâtiment abritait autrefois un centre de revalidation pour religieuses. Il a ouvert ses portes aux demandeurs d’asile fin 2009 et est géré par la Croix Rouge. Actuellement, 140 personnes (femmes ou hommes isolés, familles) y sont logées. Elles viennent d’horizons les plus divers : Kosovo, Russie, Irak, Arménie, Côte d’Ivoire, Rwanda, Guinée, Congo, Afghanistan,…

328.jpgNos regards s’attardent sur de jolis tableaux accrochés au mur du hall. Ils sont l’œuvre de résidents qui ont peint des scènes et des personnages de leur pays d’origine (3 photos). Nous nous dirigeons ensuite vers le réfectoire. Notre guide nous explique que les résidents viennent y manger à des heures fixes et qu’ils participent à tour de rôle aux tâches de la communauté (service, nettoyage,…)

Notre visite continue. Nous arrivons maintenant au premier étage, au bureau social. C’est l’endroit où les résidents peuvent recevoir des informations sur leur situation administrative. L’un des employés du centre nous explique le parcours d’un demandeur d’asile.

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 Dès son arrivée en Belgique, le demandeur d’asile est auditionné par l’Office des étrangers. Celui-ci enregistre sa demande et vérifie si la Belgique est responsable de son traitement sur la base d’un règlement européen. Des questions sont posées sur son identité, sa date d’arrivée sur le territoire et le lieu où il a élu domicile. Des photos et des empreintes digitales sont prises. On détermine également la langue de la procédure et on regarde s’il souhaite être assisté par un interprète.

 

Si la Belgique est responsable de l’examen de la demande, l’Office des étrangers transmet le dossier au Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA). Celui-ci procède à des auditions au terme desquelles il examine si les déclarations sont crédibles et si le demandeur entre en ligne de compte pour obtenir le statut de réfugié.

 

Si le demandeur est reconnu réfugié, il sera autorisé au séjour illimité en Belgique et recevra le titre de séjour approprié. S’il n’est pas reconnu réfugié, il peut bénéficier d’un statut de protection subsidiaire qui l’autorise à séjourner temporairement en Belgique. Ce statut est accordé s’il est établi que le retour du demandeur d’asile dans son pays pourrait l’exposer à un risque réel de subir des atteintes graves. Enfin, si on lui refuse le statut de réfugié et celui de protection subsidiaire, le demandeur reçoit un ordre de quitter le territoire. Il pourra cependant introduire un recours contre cette décision auprès du Conseil du Contentieux des étrangers. Au total, il faut souvent plusieurs mois avant qu’un demandeur d’asile puisse être fixé sur sa demande.

 En 2009, 17186 personnes ont introduit une demande d’asile en Belgique. Le CGRA334.jpg a pris 8883 décisions en première instance. 1887 dossiers d’asile (soit 21,2%) ont été clôturés par une reconnaissance du statut de réfugié, 416 (soit 4,7%) par une reconnaissance du statut de protection subsidiaire. Trois demandes d’asile sur quatre ont été clôturées négativement.

La visite est maintenant terminée. Nous remercions notre hôte. C’est maintenant l’heure de s’en aller. Nous quittons ces gens qui semblaient si heureux de nous accueillir « chez eux » et qui pourtant n’ont rien sinon l’espoir de débuter une seconde existence, loin des guerres, des souffrances et des privations qu’ils ont pu subir dans leur pays d’origine…

 

20:00 Écrit par M.ETIENNE dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |